La réalité des ondes de forme

Nous aimerions au cours de ce chapitre développer notre appréhension du concept même de radionique. Et de nous détacher d’emblée d’un réseau de croyances malsain à notre goût, selon lequel il existerait derrière ce terme, une réalité tangible et vérifiable par un quelconque procédé de nature scientifique. Or nous l’avons dit déjà, mais ne le répéterons jamais assez, seule peut être éprouvée l’efficacité des influences à distance, l’explication rationnelle de leur action concrète échappant à tout protocole formel connu, et à tout corpus de connaissances établi.

D’ailleurs nous tenons ici à réaffirmer le postulat selon lequel tout se passe sur un plan subtil et immatériel, dès lors que l’on aborde le domaine des ondes de formes. Ainsi, les critères même de leur existence échappent-ils strictement au domaine des sciences physiques, et ne sont accessibles qu’au seul registre de l’intuition, et de l’imagination. Considérées sous leur aspect initiatique, il devient possible d’en concevoir les effets thaumaturgiques, et de les employer à meilleur escient. Ne dispersez donc pas vos forces en de vaines et coûteuses recherches chimériques, et acceptez qu’il puisse exister des aspects du réel, susceptibles d’échapper encore, à ce que la raison a su dominer de plus fort.

En conséquence de ce qui vient d’être énoncé, nous nous rangeons du côté de ceux qui affirment qu’il n’existe aucune onde ni aucune vibration en la matière qui nous intéresse, et que les termes même de radiesthésie et de radionique ne reflètent rien de réel, si ce n’est l’intention de leurs inventeurs, eux-mêmes sous l’influence d’un mental conditionné par les découvertes de leurs époques respectives. Toutefois, force nous est de reconnaître la stabilité de ces concepts, quelques soient les noms plus ou moins savants ou occultes dont ils se sont vu affublés au cours du temps, et par une sorte d’effet de rémanence persistant.

Que le lecteur intrigué ne se formalise donc pas du jargon employé, plus par effet de convention et d’usage, que d’adhésion au sens premier des mots, largement discutable et discuté dans les cercles ésotériques, sans que ce soit l’objet du présent ouvrage. Pour l’essentiel, l’efficacité de l’action en radionique ne repose pas tant d’après nous sur la conformité d’un phénomène déterminé selon un rapport mécanique de cause à effet, mais bien plutôt sur une croyance en un mode d’action hautement symbolique, échappant à tout lien de causalité classique. Ce principe étant établi, il devient permis et selon notre raisonnement d’affirmer que :

  1. Les manifestations d’ondes de forme ne sauraient jamais être observées, mais seulement ressenties ou perçues, par mimétisme et conformation à la pensée consciente de l’expérimentateur, en l’occurrence seule agissante, tout le reste n’étant que support et véhicule aux influences transmises.
  2. Les conceptions de l’opérateur quant mode d’action et de propagation des ondes de forme, conditionnent les propriétés même du phénomène d’émission, si bien que sa reproduction dans les mêmes conditions et par d’autres expérimentateurs, renforcera encore sa validité opérationnelle effective.
  3. Les émanations de forme ne relèvent d’aucune substantialité tangible de la matière telle que nous pouvons les expérimenter communément par les sens, et ne sauraient à ce titre se soumettre à, ni présenter aucune de ses propriétés. L’énergie à l’œuvre est bien celle de la pensée créatrice, dès lors qu’un groupe suffisamment important ou influent d’opérateurs, se sera déterminé en faveur de la réalité d’un phénomène particulier.
  4. Tout dispositif à émission de forme agit par connexion d’un sujet-récepteur à l’énergie particulière d’un égrégore, elle-même contenue dans l’intention de celui ayant présidé à sa confection, et dont la pensée se trouve finalement condensée à travers le graphisme qui le représente. Si bien qu’il devient possible par « simple » matérialisation d’une influence recherchée, d’en distiller à distance les effets sur un receveur, dès lors que lesdites appartiendront à une croyance reconnue comme étant véridique et authentique en l’esprit de celui qui les émet.
  5. Les vibrations si fréquemment invoquées dans le phénomène des champs de forme sont à l’image de tout le reste de l’univers et de la création, de pures informations. Or donc lorsqu’il agit, l’opérateur en inférant un tel type de comportement de ceux-ci, induit leur procédé opératif, sous l’unique effet de sa pensée inventrice, apte à elle seule à créer le phénomène observé.
  6. Par émission d’influences à distance, il faut donc entendre la mise en relation d’un sujet visé avec « l’âme du monde », la providence, la conscience de l’univers, sans qu’il soit permis d’identifier clairement ni de nommer une fois pour toute l’origine de ce champ universel et atemporel d’énergie, coexistant en permanence avec notre réalité familière, et depuis toute éternité.
  7. L’influence de l’opérateur sur les résultats de l’expérimentation est ainsi considérable, dont les spéculations théoriques et les croyances intimes, vont en grande partie affecter la portée des « émissions radiesthésiques », de par un processus complexe et incessant de : création, altération, et annihilation desdites. Ondes abstraites, ondes occultes, « ondes cérébrales », de nature indéfinie et insaisissable, bien trop subtiles pour être mesurées ou quantifiées, elles demeurent pourtant éminemment influençables par le mental conscient de l’opérateur, qui en dirige les émissions.
  8. Si l’émetteur géomantique ou toute autre nature de dessin se révèle actif et agissant de par son sens intrinsèque et sa forme manifestée, c’est bel et bien le mental conscient de l’opérateur qui en conditionne et en dirige les émanations de forme. Un praticien ignorant tout de son symbolisme pourrait ainsi subir un échec cuisant en cas d’usage, et dès lors qu’il ne chercherait pas à en approfondir la portée symbolique latente.
  9. Toute tentative de justification scientifique du phénomène radiesthésique est un leurre, et tous les travaux menés dans la discipline, par divers auteurs, et en différentes époques, ont invariablement finis par se contredire douloureusement. Nous y voyons le défaut majeur d’une approche par trop scientiste et intellectualiste, au détriment de l’essence avant tout spirituelle et informationnelle de la discipline.
  10. Nos pensées créent le monde, et celui-ci n’est que le fruit de notre représentation.  Par conséquent, si un opérateur croit déceler dans ses travaux l’existence d’une onde singulière, celle-ci finit par acquérir une forme de matérialité, à un autre niveau de réalité (parallèle), et peut même se trouver confirmée dans son existence selon un procédé de découverte radiesthésique identique.

Tout ceci qui vient d’être prononcé devrait nous inciter à toujours plus d’humilité, et de lâcher-prise vis-à-vis de notre discipline. Si l’opérateur agit, c’est avant tout en qualité de messager, et d’interface avec les plans spirituels. L’état d’esprit dans lequel il opère ne doit reposer sur aucun désir ni aucune volonté particulière, mais bien sur un détachement impassible, vis-à-vis du résultat à atteindre. L’opérateur doit se souvenir qu’il n’est qu’un moyen de transmission, et qu’il est lui-même agi par une force supérieure, qui commande à chacune de ses opérations hermétiques. Ne plus rien vouloir ou désirer est la clé du succès en radionique : « L’esprit qui est détaché, sa puissance est si grande : ce qu’il voit, cela est vrai, et ce qu’il désire cela lui est accordé, et là où il commande il faut lui obéir ! » (Vincent).

L’opérateur est en définitive à canal spirituel, à travers lequel parvient à s’écouler une somme d’influences subtiles en provenance de l’énergie universelle, et à destination d’un individu spécifique. Toutes choses doivent ainsi être indifférentes en son esprit, et comme nous le rappelle Maître Eckhart : « Dieu a tout vu de son premier regard ». Il serait donc vain de prétendre agir en violation du dessein divin, car tout est déjà écrit, et il n’est aucune intention qui échappe à la création divine. Il n’est pas ici question de faire l’apologie d’aucune idéologie religieuse, mais seulement de postuler l’existence d’un plan supérieur de l’âme, unique et indivis, dont l’homme ordinaire ne connaît que la multiplicité de ses états, vertus et œuvres tangibles.

Cet homme dont nous parlons ici conserve d’ailleurs et de ce point de vue, tout son libre-arbitre, et tout son potentiel de choix et de détermination. Lui parlera de hasards et de jeu aveugle du destin ; nous préférons y voir les manifestations aléatoires, en apparence seulement, d’une perfection supérieure, dont la vie se charge de nous distiller les influences, afin de mieux nous garder sur le chemin de notre propre évolution spirituelle. Pour le dire encore autrement, l’homme est libre de prendre toute orientation et toute décision de sa préférence, à tous les moments de son existence, tandis que l’initié n’ignore plus que toutes participent d’un idéal supérieur, et d’un immuable absolu, où toutes choses ont déjà été réalisées.

Sachant cela, l’opérateur ne désire plus rien, et opère dans un parfait vide mental. Or par ce néant de la volonté, il devient plus réceptif à la conscience supérieure, et peut accueillir le mystère de la providence, l’inspiration et la sublimité. Il ne s’agit pas d’ailleurs ici de réfuter la réalité du monde, et moins encore de se retirer du commerce des hommes au profit d’une vide d’ascèse, mais bien au contraire de s’épanouir sur les plans ordinaires de l’existence, en se tenant à l’écoute et relié aux plans supérieurs. Par cet acte de conscience, l’homme cesse d’être l’esclave de sa destinée, et devient véritablement acteur de son développement spirituel.

L’opérateur de radionique ne devrait revendiquer aucun don, ni aucune aptitude spéciale. Il devrait s’interdire de recevoir aucune gratification en échange de ses prestations. L’acte d’aider ne peut reposer que sur un principe d’amour, de partage et d’humanité intégrale. Il dispose pour ce faire de tout un clavier symbolique et archétypique pour susciter les influences désirées. Son apprentissage lui imposera une pratique lente, assidue et exigeante, pour acquérir le bon état d’esprit, et maîtriser les dimensions techniques liées à son Art. Qu’il se maintienne toujours en accord avec ce principe transcendant, et toutes les faveurs du destin lui seront accordées.

Toutes les opérations d’influence à distance se situent ainsi sur un plan éthérique de nature purement informationnelle. Nous quittons strictement le plan formel pour évoluer dans le domaine de l’esprit, en lequel se trouvent abolies les notions d’espace et de temps, et où les principes classiques de causalité et de mesure n’ont plus aucune forme de validité, ni théorique, ni pratique. Puisque tout est vrai, tout devient possible, et la seule limite envisageable est celle de votre imagination. Or rien ne devrait venir brider la créativité de celui qui étant à l’écoute de son intuition, a su dépasser les cadres limitatifs et spéculatifs d’une pensée asservie à la seule logique rationnelle.

Quelque soit votre conception de la radionique et des émissions de forme, elle est la meilleure possible en ce qui vous concerne, à partir du moment où vous y voyez le sceau de l’évidence naturelle. Souvenez-vous que seul le résultat compte, et les bienfaits que vous prodiguez. Apprenez donc à vous émanciper du qu’en dira-t-on et des critiques stériles de ceux qui cherchent des preuves ou des explications. Ne désirez jamais rien mais remettez-vous en toujours à cette force supérieure, en sorte de devenir le médiateur et l’accordeur modeste de cette influence transcendantale et prodigieuse.

Il n’est d’ailleurs pas question ici d’adhérer à une quelconque croyance religieuse ou morale, mais simplement d’agir avec confiance et simplicité, à travers une posture de détachement imperturbable. Par cette seule attitude, vous parviendrez à orienter et à guider le jeu des influences, des émergences et des formes, ayant pris conscience de la nature proprement informationnelle et immatérielle du tout, où toutes choses se trouvent anéanties et où rien ne saurait subsister que la pensée. Le propos de ce livre n’étant pas la spiritualité, nous nous sommes contentés d’évoquer le bon état d’esprit en radionique, en dehors de toute autre considération religieuse ou magique, dont nous ne nous revendiquons pas par ailleurs, et au respect des croyances de chacun.

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