Magie et radionique

Si vous choisissez de vous initier à la radionique, vous devez accepter le principe d’une pensée magique, laquelle subsisterait sous une forme latente dans le subconscient de chacun. Or dans cette dimension purement symbolique, les concepts de temps, d’espace, et de réalité, au sens où nous les entendons généralement, n’ont plus aucune espèce de validité, ni aucune valeur justificative concernant les phénomènes qui s’y déroulent. La notion de causalité par exemple en est exclue, et tout sujet ou objet évoqué s’y trouve immédiatement présent et accessible, quelques soient les distances de temps et d’espace. De ce dernier point de vue, l’axe du temps ne s’applique pas à son fonctionnement, et il est tout aussi possible d’interroger des phénomènes du passé que de l’avenir même éloigné. Tout se trouve partout éternellement présent.

Le monde du subconscient est un univers en soi, sans limites, ni dimensions du moins connaissables, peuplé de symboles, de formes, de concepts et de nombres. Nul ne peut s’y immerger, seulement l’évoquer, et entrevoir son immensité. Constatez bien ici que le concept même de subconscient et la terminologie employée, est complètement arbitraire, et sans grande importance. Il existe une infinité de manières de nommer cet océan immatériel, et le lecteur pourra à sa meilleure convenance employer le terme de son choix. Pour notre part nous avons conservé le terme de « subconscient », en cela fidèles à la littérature, et par pure convention et commodité d’usage.

Chaque être humain contient le monde, et l’infinité des choses qui composent l’univers. En son subconscient, existent tous les êtres et toutes les formes ayant jamais vu le jour, et celles encore à venir. Nous opérons donc ici au sein d’une omniprésence et d’une sempiternité, en lesquelles se confondent absolument l’un et le multiple. Et si l’on cherche à percer encore ce mystère, on doit bien réaliser qu’il n’existe rien de tel qu’une intériorité et une extériorité, et que finalement, l’être et le monde se confonde au sein d’un tout qui est le tout de la création. C’est ici que commence la véritable magie, et l’émerveillement sans cesse renouvelé devant le spectacle de la vie, et la complexité du monde autour de soi.

Dès lors que l’on prend conscience de cette unité et de cette immensité en soi, le monde apparaît plus comme la modalité visible, le versant éclairé d’un relief bien plus vaste, dont la contemplation procure une sorte de libération et d’éveil immédiat. Ce qui nous permet ici d’insister encore sur l’importance en radionique, comme en alchimie, mais ne sont-ce pas là deux déclinaisons d’une même réalité originelle, d’une recherche d’élévation spirituelle, et d’un profond travail de développement personnel.

Il est d’ailleurs très intéressant ici de constater que nous créons sans cesse, et dans une certaine mesure, la réalité qui nous anime. La radiesthésie est à ce titre un cas exemplaire d’une discipline fondée sur des concepts erronés et fantaisistes, mais ayant acquis valeur de vérité et même d’efficacité à force d’usage, et de séduction d’esprits toujours plus nombreux. Tout se passe comme si de tous temps et en tous lieux, les hommes avaient cherché à traduire cette pensée magique à travers le prisme de leur propre époque et de leur propre culture, les penchants scientistes ayant succédé à ceux de la magie naturelle, aux anges et autres démons de la mythologie. Nous aurions tort aujourd’hui de faire le procès de la radionique en nous appuyant sur son caractère folklorique et maladroitement scientifique : cela reviendrait à passer à côté du fond, et se contenter de querelles stériles sur des aspects de forme, nous l’affirmons, sans importance aucune, à qui sait y regarder avec le cœur.

Ainsi en est-il de toutes les sciences occultes. Elles restent et resteront l’apanage d’une frange d’initiés, ayant dépassé le stade du désir et de la connaissance, pour mieux se dissoudre dans une contemplation toute immobile et sans objet. Et si nous osions ici encore plus bousculer vos certitudes, nous irions jusqu’à affirmer que la radionique n’est qu’un courant de la magie traditionnelle, et que par son esthétique si particulière, rattachée aux balbutiements de l’électricité et de l’électronique, elle n’en est qu’une déclinaison nouvelle, tandis que d’autres plus récentes encore apparaissent déjà.

La radionique constitue malgré tout un puissant égrégore où il est possible de puiser et de s’abreuver goulûment en une multitude d’appareils, de schémas, de statuettes, et autres émetteurs toujours plus complexes et raffinés, selon les goûts du lieu et de l’époque. Retenez bien toutefois que la pensée magique, elle, habite en vous, comme en chaque être humain, et qu’elle transcende et de très loin les moyens quels qu’ils soient mis en ouvrage. Vous aurez ainsi bien meilleur gain à vous initier à quelques pratiques créatives ou artistiques, à voyager et voir du pays, plutôt qu’à séjourner des années durant au chevet de vos livres à espérer voir la lumière de l’illumination.

A présent vous comprenez, au moins intellectuellement, pourquoi nous affirmions précédemment que le sujet sur lequel on cherche à agir, par le truchement de son témoin, est en fait partout présent et à tout moment ; il est présent là où se trouve son témoin. Tout se passe à l’endroit même où l’on opère (localement), dans les champs (présents) du sujet (éloigné), et les énergies en jeu sont celles du sujet lui-même. Lors donc d’une action à distance il ne se produit aucune transmission d’énergie, et ce sont les énergies propres du sujet que l’on active, pour engendrer chez lui une amélioration intentionnelle.

Un dernier point nous semble important ici à préciser, ayant constaté sur le marché de l’ésotérisme une tendance marquée à la surenchère et au raffinement à outrance en matière notamment de conception de pendules, dont nous avons tant parlé au cours de cette méthode. Au risque de heurter les plus puristes parmi les puristes de la discipline, nous affirmons quant à nous que tous les pendules, nous disons bien tous les pendules, sont émetteurs et récepteurs, et que toutes choses étant égales par ailleurs, aucun ne vaut mieux qu’un autre. Tout n’est qu’affaire de convention mentale. Si vous décrétez en votre fors intérieur qu’un tel pendule est doté d’un pouvoir d’émettre des formes, en conséquence il le deviendra pour vous, et vice-versa. Souvenez-vous de ce qui a été dit il y a quelques instants : tout est affaire d’orientation personnelle, et de croyance positive. Aussi est-il bon en radiesthésie de n’en faire qu’à sa tête, votre action n’en sera que plus efficace et éminemment créative, et vous vous épargnerez bien des dépenses inutiles et au combien futiles !

L’efficacité d’une action de Radionique repose sur l’intention d’agir, bien plus que sur l’action concrète mise en place. Si bien que l’acte est toujours juste, même si l’action est fausse, tant que l’esprit de l’opérateur est clair et décidé.

J’aimerais terminer ce chapitre en citant Hector Mellin dans son ouvrage : Radiesthésie pentaculaire, où il résume avec un brio remarquable le propos duquel nous nous revendiquons sans équivoque :

« L’initiation (pentaculaire) est un mystère intime, adogmatique ne réclamant aucune pédagogie ; elle plane au-dessus des dogmes et des mythes professés publiquement dans les temples et les écoles. Elle est donc une science secrète, une doctrine profonde, une action occulte qui s’acquiert mais ne s’enseigne pas. On la trouve ou on ne la trouve pas. »

Et Antonin Artaud dans son Introduction au Moine de Lewis :

« Que, donc, tous ceux dont l’esprit de nouveau reflue vers les données fermées et purement organiques des sens comme vers leurs excréments, se nourrissent de ce résidu habituel et de cet excrément de l’esprit qu’on appelle la réalité, je continuerai à tenir pour une œuvre essentielle le Moine, qui bouscule cette réalité à pleins bras, qui traîne devant moi des sorciers, des apparitions et des larves, avec le naturel le plus parfait, et qui fait enfin du surnaturel une réalité comme les autres. Je ne sais pas si un état d’esprit comme celui que j’évoque est intellectualiste, spiritualiste ou mystique ou ce qu’on voudra. Je sais que je crois en la VIE ETERNELLE, et que j’y crois dans son sens entier. Je regrette de vivre dans un monde où les sorciers et les devins se cachent, et où il y a d’ailleurs si peu de vrais devins. Un livre comme le Moine (roman) me donne beaucoup plus la sensation de la vie profonde que tous les sondages psychologiques, philosophiques (ou psychanalytiques) de l’inconscient, et je trouve étonnant, quant à moi, que les cartomanciens, tireurs de tarots, jeteurs de sorts, derviches, sorciers, nécromanciens et autres REINCARNES, soient devenus depuis si longtemps de purs personnages de fables ou de romans, et qu’un des côtés les plus superficiels de l’esprit moderne veuille que le naïf soit celui qui s’adonne aux charlatans. Je m’adonne aux charlatans, rebouteux, mages, sorciers et chiromanciens, parce que toutes ces choses sont, et que, pour moi, il n’y a pas de limites, ni de forme fixée aux apparences ; et quelque jour, Dieu – ou MON ESPRIT, – reconnaîtra les siens. »

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